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15 avril 2018

L’Arabie Saoudite peut-elle se réformer ? Fatiha Dazi-Héni sera mon invitée le 22 avril

Le Prince héritier Mohammad Bin Salman

On parle beaucoup de ce pays, et on a l’a fait en particulier il y a quelques jours à l’occasion de la visite de son Prince Héritier : « L’Arabie Saoudite peut-elle se réformer ? », tel est le titre de l’émission de dimanche prochain. Et pour en parler, j’aurai le plaisir de recevoir Madame Fatiha Dazi-Héni. Fatiha Dazi-Héni était déjà venue dans ma série il y a quelques mois, et nous avions discuté de la guerre du Yémen. Pour rappel, elle est chercheure, spécialiste des monarchies du Golfe. Docteur en Sciences Politiques, elle travaille à l’Institut de Recherche Stratégique de l’Ecole Militaire. Elle a publié aux Editions Tallandier, « L’Arabie Saoudite en 100 questions ». La lecture de ses 350 pages m’a beaucoup appris sur un pays où il y a, comme elle l’écrit en introduction, un décalage entre la réalité et les perceptions. Il faut dire qu’elle y va chaque année depuis 20 ans, et qu’elle l’a vu évoluer petit à petit, en pressentant les bouleversements que veut précipiter maintenant le jeune Prince héritier Mohammad Bin Salman, appelé familièrement « MBS ». Alors son livre est certes paru début 2017, il y a des évènements qu’elle ne pouvait pas prévoir ; mais elle décrit parfaitement le tournant déjà pris par le Roi actuel, Salman, et les projets de transformation de son fils. Nous allons donc avoir deux entretiens, le 22 avril en traitant de la société saoudienne et de sa nécessaire évolution ; et la prochaine fois, de la politique régionale et des enjeux stratégiques.

Parmi les questions que je poserai à Fatiha Dazi-Héni :

-          Au 18ème siècle, a été signé un pacte entre le chef d’un clan, celui des Al-Saoud qui vivaient dans la zone centrale de la péninsule arabique, le Najd, et un prédicateur, Abd Al Wahhab, qui va imposer sa version de la religion, le wahhabisme. Comment s’est fait le partage du pouvoir entre les Al-Saoud et le pilier wahhabite ? Qui détenait les armes ? Vous dites au chapitre 13 que les principaux postes religieux sont toujours contrôlés par les descendants d’Abdel Wahab, les Al-Sheikh : mais est-ce qu’ils ont un pouvoir juridique réel pour bloquer la société ?
-          Parmi les idées reçues que l’on a sur l’Arabie Saoudite, il y a celle que tous les habitants sont soumis au wahhabisme. Or ce n’est pas vrai, et votre livre évoque les régions où un autre islam est pratiqué ; en particulier à l’Est, dans les zones pétrolifères, vivent entre 2 et 4 millions de Chiites. Est-ce que cela menace l’unité du pays ? Leur opposition a-t-elle été toujours religieuse ? Et sont-ils radicalisés aujourd’hui, par l’Iran en particulier ?
-          Les travailleurs étrangers sont pour moitié des Arabes d’autres pays, et pour moitié des originaires d’Asie, représentant le tiers de la population totale ; constituant 85% des travailleurs du secteur privé, ce sont eux qui font vivre le secteur productif ; ils sont payés en moyenne six fois moins que les Saoudiens, et ils sont soumis au bon vouloir de leur patron : dans ces conditions comment « saoudiser » les emplois du privé, comme souhaité maintenant par les Autorités ? Et que deviendront ces étrangers ?
-          Les cours de l’or noir se sont effondrés à partir de la fin 2014, on est passé de 120 dollars le baril à 40 dollars. Par ailleurs, la part du pétrole saoudien dans la production mondiale est maintenant inférieure à 10%, car il y a des nouveaux producteurs. Le Royaume doit donc prévoir un changement de cap sur le long terme, et le Prince héritier Mohammad Bin Salman a fait appel à des sociétés de Conseil comme Mc Kinsey. Un plan national appelé « Vision 2030 » a été lancé : en gros que prévoit-il ?
-          La famille royale est pléthorique, il y a environ 6000 Princes dont 1000 ont le rang d’Altesse Royale. Ce sont les descendants du premier Roi, Abdelaziz Ibn Saoud qui a eu 43 fils avec 22 épouses. Tous les Souverains qui lui ont succédé sont ses fils. Or cette famille tentaculaire a accaparé tous les pouvoirs, l’appareil bureaucratique, le gouvernement, et l’équilibre entre ses 13 branches étant assuré en théorie par un « Conseil de famille » totalement opaque. Le Roi Salman bouleverse tout cela à son accession au trône en 2015, et son fils MBS fait un véritable coup de force en novembre 2017 : que s’est-il passé ?
-          Les Femmes sont un marqueur pour une société. On a commenté avec ironie le droit qui vient d’être accordé aux Saoudiennes de conduire des voitures. Il y a les tenues vestimentaires imposées, et il y a surtout la ségrégation hommes-femmes dans le domaine public qui, clairement, rend impossible le progrès économique du pays. Vous qui y allez régulièrement, y a-t-il eu quand même d’autres changements ?

Une émission que j’espère passionnante, et vraiment d’actualité : soyez nombreux au rendez-vous !

J.C