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10 décembre 2007

« Aïcha, la bien aimée du Prophète » : Geneviève Chauvel sera mon invitée le 16 décembre



L’invitée de ma prochaine émission sera Geneviève Chauvel, dont j’ai fait la connaissance à Tunis, à l’occasion du colloque de la « Chaire Ben Ali pour le dialogue des civilisations et des religions » (voir infos sur ce colloque sur le lien en libellé). Elle m’avait alors dit : « je finis un nouveau livre qui peut intéresser vos auditeurs ». Ce livre a pour titre « Aïcha, la bien aimée du Prophète » (Editions Télémaque).

Quelques mots de présentation de l’auteur, d’abord. Geneviève Chauvel, a eu une carrière fort riche à la fois de journaliste et d’écrivain. D’abord photographe pour les agences de presse Gamma puis Sygma, elle a travaillé ensuite pour la télévision et pour « Paris Match » et elle a réalisé, notamment, des interviews de plusieurs personnalités célèbres du Moyen Orient. Le Monde arabe semble d’ailleurs l’avoir fascinée, j’ai noté dans sa biographie qu’elle avait passé son enfance en Syrie puis en Algérie, et qu’elle avait déjà consacré un ouvrage à Saladin, le grand rassembleur de l’islam contre les Croisés ; mais c’est aussi une passionnée par l’Histoire, qui a déjà écrit des biographies de personnages féminins comme Lucrèce Borgia ou la reine Eugénie.

Revenons à son dernier livre, qui rentre tout à fait dans la thématique de « Rencontre ». Il raconte, sur un mode romancé, la vie de la seconde épouse de Mahomet ; et c’est son destin singulier qui a permis à Geneviève Chauvel de raconter les racines et la genèse du Monde musulman : de la naissance à la Mecque d’une petite fille dans le foyer d’Abou Bakr, qui fut le premier compagnon du Prophète de l’islam, en passant par la fuite à Meddine, l’Egire, et le triomphe des partisans de Mahomet, jusqu’à après sa mort et les débuts du Califat, au moment où vont se déchirer deux courants de la nouvelle religion et où Aïcha défendra Ali le gendre du Prophète, cet épais roman (400 pages) offre une nouvelle lecture du Coran, grâce à ce livre qui se lit comme un reportage journalistique ; et son écriture est très agréable, les personnages de la mythologie musulmane étant décrits de façon très réaliste, car l’auteur a du certainement rassembler une énorme documentation sur le mode de vie des tribus bédouines en Arabie à l’époque !

Geneviève Chauvel a certainement eu des intentions louables en entreprenant son roman : placer au centre de la naissance de l’islam une femme, « la bien aimée du Prophète », troisième épouse mais toujours la préférée dans un harem qui ne cessera de croître - alors même que le statut d’infériorité des femmes musulmanes est une plaie qui entrave le développement de ces sociétés. Restent un certain nombre de sujets délicats, dont je m’entretiendrai sans langue de bois avec mon invitée : le mariage de cette « femme-enfant » qui n’avait pas dix ans, et qui ne peut que nous choquer dans le monde d’aujourd’hui ; mais surtout, les évocations fort antipathiques des Juifs à divers passages de cette fresque historique, évocations tirées de références historiques (à l’état brut ?) qui sont bien inquiétantes, car elles servent de combustible à l’antisémitisme actuel de la propagande islamiste. J’en ai d’autant plus été choqué que dans son introduction, Djelloul Seddiki - le directeur de l’Institut de Théologie de la Grande Mosquée de Paris, qui a été plusieurs fois mon invité -, a eu des propos fort respectueux pour le Judaïsme, premier des monothéismes ...

J.C