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25 septembre 2016

Saint-Etienne du Rouvray, avertissement du Mossad !




Le délire du mois
- septembre 2016


Retour à une chronique qui repousse toujours plus loin les limites de l'absurde et du grotesque. A nouveau, c'est sur Facebook que j'ai trouvé cette perle, en faisant la veille de profils antisémites particulièrement virulents !

Les grands médias se sont faits l'écho des théories du complot "démontrant" la main du Mossad dans les attentats de "Charlie-Hebdo", du 13 novembre ou du 14 juillet à Nice. Pour le malheureux Père Jacques Hamel, égorgé dans son Eglise de Saint-Etienne du Rouvray par deux assassins de Daech parfaitement identifiés, il fallait vraiment avoir beaucoup d'imagination pour y trouver une "signature" - car pour les tristes salopards qui bâtissent de telles théories, le Juif, être malfaisant par nature, commet des forfaits mais en laisse la marque, comme pour les "Protocoles des Sages de Sion" où les comploteurs s'empressent d'écrire et de diffuser des protocoles secrets.

Remarquons d'abord que, lorsqu'ils ne font pas état de l'objectif récurrent de créer une guerre civile en France - en montant contre les Musulmans le reste de la population par des attentats "sous faux drapeau" - les complotistes trouvent quand même le moyen de pointer du doigt Israël : il s'agit alors de "punir" la France, ou ses dirigeants, parce qu'ils ont fait ou vous faire quelque chose de déplaisant Ainsi, le malheureux François Hollande a-t-il été associé à la commune de Saint-Etienne du Rouvray, par ce montage photo totalement loufoque où il est écrit, sans preuve aucune : 1) Qu'il y est né ; 2) Qu'il descend de Juifs marranes.

A propos de la vieille lune faisant de Hollande un Juif caché, voir cet article du blog qui a eu un succès incroyable (un total de plus de 13.000 visites à ce jour).

J.C

22 septembre 2016

Qatar. L’homosexualité, une “perversion” de “l’Occident décadent”, pour Al-Jazira



Les grands médias du monde arabe avaient évité les excès verbaux après la fusillade antigay à Orlando. Sur Al-Jazira au Qatar, en revanche, un éditorialiste se lâche. Pour lui, l’homosexualité est un “signe de la décadence occidentale”, voire “la dernière guerre du Diable”.

“Mafia de la déviance : la décadence occidentale et l’occupation de la conscience de l’humanité”, titre le site de la chaîne d’information qatarie Al-Jazira. L’un de ses éditorialistes y revient sur la fusillade d’Orlando aux Etats-Unis, qui a fait 49 morts dans une boîte gay dans la nuit du 11 au 12 juin.   

L’éditorialiste condamne seulement la démarche individuelle d’Omar Mateen, l’auteur de la fusillade, mais pas le fond idéologique de l’acte. Ainsi, il n’hésite pas à utiliser le mot chadh, qui signifie ‘déviant’, voire ‘pervers’en arabe. Ces dernières années, presque tous les grands médias arabes avaient cessé d’utiliser ce terme à forte connotation dépréciative, voire insultante, au profit du mot plus neutre mithli, qui veut dire homosexuel.
“Rien dans l’islam n’autorise un individu musulman à exercer une autorité légale ou exécutive sur des déviants. […] Tuer quelqu’un qui n’est pas armé ni en train de vous agresser est un crime, peu importe qu’il soit atteint par la pathologie de la déviance”, poursuit-il.  

Le choix des mots est en phase avec la dénonciation de “la grande guerre contre le mariage naturel entre l’homme et la femme”, qui serait menée “par des gens agissant au sein de l’institution culturelle et politique occidentale” à travers “des pressions médiatiques et culturelles” afin d’“obliger le monde à accepter” l’homosexualité. Et cette guerre, toujours selon l’éditorialiste, n’est rien d’autre que la “dernière guerre du Diable”.  

“Malheureusement, aux Etats-Unis, les forces de refus moral et religieux dans les églises et dans les médias ont été affaiblies”, déplore-t-il. Aussi faut-il provoquer un sursaut mondial pour faire de la famille “le dernier bastion pour sauver l’humanité” et pour lui assurer “la santé, la descendance, une conduite morale et la stabilité psychologique”.  

Si l’auteur condamne Daech, “qui ne fait qu’alimenter l’islamophobie”, c’est pour mieux plaider la cause du “discours islamique [qui doit] contrer la culture déviante” :
Les religions monothéistes considèrent que la déviance sexuelle est une réalité dans le monde contemporain et qu’il faut faire avec, en tant que comportement criminel et déviant devant être puni ou soigné. Mais elles ne l’ont pas autorisée pour autant. […] Il s’agit d’un des signes de la décadence occidentale extrémiste, utilisée comme moyen de pression politique pour envahir le monde et y répandre une épidémie.”

Courrier International, 27 juin 2016

20 septembre 2016

Musulmans de France : une étude de l'Institut Montaigne




Un rapport inédit esquisse un portrait et une réorganisation de "l'islam français" -   

"Un islam français est possible", tel est le nom d'une étude inédite, dévoilée ce dimanche par le JDD et l'AFP. Si elle bat en brèche plusieurs clichés négatifs, certains chiffres inquiètent. Ainsi, 28% des interrogés adoptent des valeurs jugées "incompatibles" avec celles de la République.

Un rapport esquisse un portrait des musulmans de France à rebours de certaines idées reçues et esquisse des pistes de réorganisation de "l'islam français", afin de le couper des influences étrangères et de mieux l'armer face au fondamentalisme.
Cette étude de l'Institut Montaigne, "think tank" d'obédience libérale, a été publiée ce dimanche par le JDD et transmise à l'Agence France-Presse (AFP). Elle s'adosse à une enquête "inédite" de l'Ifop*, réalisée alors que la vague d'attentats jihadistes depuis 2015 et l'approche de la présidentielle enflamment les débats sur la place de l'islam.

"Un islam français est possible"
Le rapport, intitulé "Un islam français est possible", avance que les musulmans comptent pour 5,6% des habitants de métropole, soit un pourcentage "moins important que ne l'avancent bon nombre de chiffres fantaisistes", souligne en avant-propos Hakim El Karoui, ancien conseiller de Jean-Pierre Raffarin à Matignon et ex-président de l'Institut des cultures d'islam. Mais ils sont 10% des moins de 25 ans, "signe de la prégnance croissante de la deuxième religion du pays auprès des jeunes générations".
Surreprésentés dans les milieux populaires ou éloignés de l'emploi, les musulmans interrogés - aux trois quarts de nationalité française - se hissent pourtant à des niveaux de qualification proches de la moyenne nationale.*

28% ont des valeurs opposées à celles de la République
Quelle est leur religiosité? L'Ifop a calculé que 46% sont "soit totalement sécularisés, soit en train d'achever leur intégration" sans renier leur religion. Un deuxième groupe, représentant 25%, est plus pieux et plus identitaire tout en rejetant le voile intégral.
  
Le dernier groupe, que l'Ifop évalue à 28%, réunit des croyants qui ont "adopté un système de valeurs clairement opposé aux valeurs de la République", s'affirmant "en marge de la société". Les jeunes, les moins insérés dans l'emploi et les convertis sont les plus disposés à adhérer à ce modèle.
Dans le détail, comme le met en exergue Le JDD, 29% des interrogés se sont déclarés "d'accord" à l'affirmation suivante: "La loi islamique (charia) est plus importante que la loi de la République".

La question clivante du voile
Mais une écrasante majorité des musulmans interrogés ne refusent pas la mixité, acceptant de se faire soigner par un médecin (92,5%) ou de serrer la main d'une personne (88%) du sexe opposé.
  
Côté pratiques, la première est alimentaire: 70% des répondants déclarent "toujours" acheter de la viande halal.
La question du voile est plus clivante: si 65% se déclarent favorables au port du foulard (et 24% à celui du niqab), seules 37% des personnes de culture musulmane considèrent que les jeunes filles devraient pouvoir porter le voile au collège et au lycée.

S'appuyer "sur la majorité silencieuse"
La fréquentation des 2.500 mosquées est plus faible qu'on ne le pense souvent: 30% du millier de musulmans interrogés ne s'y rendent jamais, et autant ne le font au mieux que lors des grandes célébrations du ramadan.
En résumé, "la question sociale est la priorité des musulmans interrogés, bien avant les questions religieuses ou identitaires". Il n'y a pas de "communautarisme musulman unique et organisé".
Et "pour éviter de tomber dans le piège tendu par les extrémistes, le discours politique doit s'appuyer" notamment "sur la majorité silencieuse, insérée avec succès dans la société française", conclut le rapport.

Plus proches de Tariq Ramadan que du CFCM
En outre, une nouvelle organisation de l'islam, "financée par de l'argent français" et s'appuyant "sur des femmes et des hommes nouveaux", est nécessaire, alors que le Conseil français du culte musulman (CFCM), symbole d'un "islam des consulats", n'est vu comme représentatif que par... 9% des interrogés. Quand 37% se déclarent proches de l'islamologue Tariq Ramadan, considéré comme proche de l'islam politique des Frères musulmans.
"Il faut engager des changements profonds dans l'organisation de cette religion pour lui donner les moyens de lutter contre le fondamentalisme religieux", estime Hakim El Karoui, l'un des signataires du récent "Appel des 41" musulmans décidés à prendre leurs "responsabilités".

Un "grand imam de France", et l'arabe enseigné à l'école?
Le rapport formule plusieurs recommandations censées y contribuer, comme la nomination d'un "grand imam de France" pour exprimer une doctrine républicaine, la création d'un secrétariat d'Etat aux affaires religieuses et à la laïcité, ou encore un enseignement renforcé de l'arabe à l'école publique.

*Ce sondage a été conduit auprès de 1.029 personnes de confession ou de culture musulmane (dont 874 se déclarant musulmanes), extraites d'un échantillon de 15.459 métropolitains âgés de 15 ans et plus.

Source : BFM Tv.com, le 18 septembre 2016

Par la rédaction avec AFP

Nota de Jean Corcos :

C'est volontairement que j'ai choisi de ne pas reprendre le titre de BFM Tv, "Musulmans de France: pour 29% des sondés, la charia est plus importante que la loi de la République", qui est particulièrement angoissant. Ceci sans nier la réalité, bien sombre pour une importante minorité de cette population (près de 30% de musulmans se situant en rupture avec les valeurs de notre État). 

L'élément le plus inquiétant - et qui n'est guère repris par les principaux médias - c'est la sur représentation des jeunes dans cette minorité : ils sont près de 50% à se situer dans ce groupe là. Page 38, Hakim El Karoui parle même, pour eux, d'un "être au monde victimaire construit peu à peu, avec ses ennemis : les Américains, les Israéliens, les Occidentaux, qui ont tôt fait de se transformer dans la bouche de certains radicaux en "Croisés" ou en "Juifs". L'antisémitisme est ainsi devenu un marqueur d'appartenance pour ce groupe".


A noter aussi que l'article repris ci-dessus donne le lien non pas sur l'étude elle-même, mais sur une synthèse : pour avoir accès au document intégral (133 pages), le voici en format pdf .

18 septembre 2016

Le Proche-Orient, cent ans après les accords Sykes-Picot : Samy Bochner sera mon invité le 25 septembre



Pour notre émission de dimanche prochain, il sera question d'Israël et de ses voisins arabes. Mon invité sera Samy Bochner. Il est avocat à Paris, mais surtout très actif dans le domaine de la coopération franco-israélienne : administrateur de la chambre de commerce France-Israël ; originaire de Lille où il a été conseiller municipal, il a œuvré pour le jumelage de cette ville avec Safed. Son livre, édité aux éditions BibliEurope, a un titre assez long et un peu mystérieux : "1916-1917 : des accords Sykes-Picot à la déclaration Balfour. Iconoclastie du Moyen-Orient (2016-2017)".

Parmi les questions que je poserai à Samy Bochner :

-        Pourquoi avez-vous choisi ce titre ? Et comment définissez vous ce terme "d'iconoclastie", que ne j'ai pas trouvé dans le dictionnaire ?
-        J'ai trouvé votre livre paradoxal. D'un côté on lit une réelle espérance de paix et de coopération régionale, vous écrivez dès l'introduction : "nous sommes à l'aube d'une ère nouvelle où paix et messianisme vont de pair avec la révolution scientifique". Vous affirmez les droits politiques et historiques du peuple juif, ce qui est bien ; mais avec une position très dure concernant les Palestiniens de Judée Samarie, en gros vous êtes pour une annexion totale. Pourquoi cette contradiction ?
-        A propos des accords Sykes-Picot, vous avez reproduit le texte complet de ces accords, que vous avez trouvé au Ministère des Affaires Etrangères : quel était le contexte, historique et politique dans la région ? Qui étaient ces négociateurs français et anglais et qu'avaient-ils prévu? pour l'après-guerre? pour le devenir des populations arabes du Proche-Orient parce qu'il n'y est pas question des aspirations nationales du peuple juif ?
-        Même si on considère que les droits nationaux du peuple juif ont été reconnus par la Communauté internationale, toutes les résolutions depuis la déclaration Balfour jusqu'à la déclaration d'indépendance d'Israël, évoquent l'égalité des droits pour toutes les populations, y compris les Arabes ; or les Palestiniens de Cisjordanie ne sont pas des citoyens reconnus, ils n'ont pas les mêmes droits que les Israéliens, que répondez-vous à cela ?
-        En ce qui concerne la Jordanie, j'ai noté un discours paradoxal : d'un côté, vous la présentez comme un Etat artificiel, dont la séparation du mandat britannique aurait privé les Juifs d'un vaste territoire ; vous dites que depuis qu'elle a renoncé à la Cisjordanie en 1988, elle n'y a aucun droit ; mais en même temps vous envisagez ce pays comme le futur état palestinien. Or à la fin des années 80, Shimon Peres avait presque signé un accord avec le Roi Hussein pour en gros le retour aux frontières de 1967, Itshak Shamir n'a-t-il pas eu tort de saboter ce projet ? Et ensuite, cela ne résoudrait pas la question des Palestiniens vivant en dehors ?
-        Il y a un défi terrible à relever pour tous les Israéliens comme pour leurs voisins, c'est celui de la démographie, rappelons deux chiffres : la population a été multipliée par 10 en Israël même ; dans la bande de Gaza, il y a 5.000 habitants au kilomètres carré, et ils seront plus de deux millions dans quatre ans. Pourtant, dites-vous, on peut envisager un Etat séparé pour Gaza : pourriez-vous expliquer comment ?

Une discussion passionnante, car comme vous l'aurez compris je ne partage pas toutes les positions de ce nouvel invité : soyez nombreux à l'écoute !

J.C