Notre radio

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20 septembre 2017

Chana Tova !



Chana Tova !

Que le temps passe vite … il est vrai que, à l’échelle du calendrier hébraïque, une année pèse encore moins lourd : nous passerons en effet à l’an 5778, de quoi avoir un peu le vertige ; et cela, à partir de ce soir 20 septembre.

Comme d’habitude, le blog respectera les « Yom Tov », jours de fêtes de ce mois bien chargé, Roch Hachana donc les 21 et 22 ; début de Souccot, les 5 et 6 octobre ; et fin de cette fête, les 12 et 13 octobre ; sans compter bien sûr les Shabbat, Yom Kippour tombant en plus cette année un samedi, le 30 septembre !

Tous mes vœux de prospérité à mes lecteurs de la Communauté, une Communauté à nouveau traumatisée et on le comprend par des récentes agressions antisémites ; vœux de paix aussi pour Israël, alors que – même si on se plait à se tromper régulièrement – les menaces aux frontières se rapprochent.

Chana Tova, et à bientôt.

J.C

19 septembre 2017

Le Yémen en voie de destruction avancée



La guerre qui ravage le Yémen depuis deux ans est la quintessence des guerres d’aujourd’hui : on tue d’abord des civils. On les bombarde, on les déplace, on les affame, on les prive de soins.

Le 19 juillet encore, l’ONU dénonçait un bombardement de l’aviation saoudienne sur une colonne de civils en fuite : vingt morts – presque tous appartenant à la même famille. A peine une « brève » dans les journaux. Cette tragédie yéménite, on la voit peu. Elle se joue à l’abri de la presse, parce que les protagonistes le veulent ainsi.
Le Yémen est l’un des théâtres de l’affrontement qui oppose Riyad à Téhéran pour la suprématie au Moyen-Orient.
Pour Le Monde, Jean-Philippe Rémy et le photographe Olivier Laban-Mattei ont réussi à longuement parcourir le terrain. Leur conclusion : un pays entier est en train de s’écrouler, menacé de destruction massive. Dans l’indifférence générale.
La guerre oppose d’un côté une coalition d’Etats arabes conduite par l’Arabie Saoudite, appuyant le dernier président, Abd Rabbo Mansour Hadi, et, de l’autre, une rébellion houthiste (une des branches du chiisme) alliée à l’avant-dernier président, Ali Abdallah Saleh, et mollement soutenue par l'Iran (chef de file du monde chiite). Les experts y voient l’un des théâtres de l’affrontement majeur qui oppose Riyad à Téhéran pour la prépondérance au Moyen-Orient.

Un immense drame humanitaire

Les Yéménites, eux, paient cette rivalité au prix fort. Le drame humanitaire est immense. Près de 60 % des 10 000 morts de ces deux années de guerre sont des civils. Le pays est en proie à la plus importante épidémie de choléra de la planète. Plus grave encore : du fait des bombardements de la coalition saoudienne sur les rives de la mer Rouge, des millions de personnes risquent d’être privées d’aide alimentaire.
Les deux protagonistes sont coupables de crimes de guerre. Aucun d’entre eux ne paraît pour le moment en mesure de l’emporter. Il n’y a pas de dialogue entre Riyad et Téhéran, pas plus sur le Yémen que sur la Syrie ou l’Irak.
Sur les ruines d’un Etat déjà fragile, prolifèrent les cellules d’Al-Qaïda ou de l’organisation Etat Islamique.
Les « parrains des parrains » – les Etats-Unis, la France, le Royaume Uni côté saoudien ; la Russie côté iranien – sont diplomatiquement passifs. Le président Donald Trump a même jeté de l’huile sur ce brasier en accordant son soutien le plus enthousiaste aux Saoudiens, le camp le plus belliciste. En somme, mettre fin à la guerre du Yémen n’est une priorité pour personne.
C’est une lourde erreur, au-delà même de l’indifférence manifestée à l’égard de ce que vit le Yémen, déjà l’un des pays les plus pauvres du monde et qui, depuis un demi-siècle, a, comme l’Afghanistan, connu davantage d’années de guerre que de paix.

Un pays divisé entre le Nord et le Sud

C’est une erreur parce que, sur les ruines d’un Etat déjà fragile, prolifèrent les cellules d’Al-Qaida ou de l’organisation Etat islamique. Parce que le salafisme, cette gangrène idéologique, version sectaire et brutale de l’islam exportée de Riyad, s’étend dans les zones contrôlées par la coalition saoudienne. Le salafisme, on ne le sait que trop en Europe et au Proche-Orient, est la terre nourricière du djihadisme.
C’est une erreur, enfin, parce que le Yémen est encore une fois divisé entre le Nord et le Sud, comme il l’a déjà été dans le passé – ce qui augure d’un nouveau drame dans un Etat en voie de faillite avancée.
Autrement dit, plus cette guerre se poursuit, à quelques encablures de la route du pétrole, plus elle génère d’autres sources de conflits et de violence. Tout se passe comme si ce pays, qu’on appelait autrefois « l’Arabie heureuse », était pour l’heure condamné à être malheureux.

Editorial du journal "Le Monde",

31 juillet 2017

17 septembre 2017

Vive la psychiatrie !

Le sourire du mois
- septembre 2017


Peut-on sourire d’un sujet aussi sensible ?

Il est vrai qu’il y a de quoi avoir le vertige, avec l’augmentation exponentielle des attaques à la « voiture bélier », et les explications souvent rassurantes données après coup : « c’était un fou », « rien à voir avec du terrorisme », etc. Il est vrai aussi que toute publication humoristique simplifie et doit faire passer une idée simple et pas une autre. Ainsi, une lecture au premier degré de ce « Sourire du mois » vous fera croire que je partage un certain discours, courant dans la fachosphère et qui est le suivant : « le gouvernement vous ment, tous ces évènements sont du terrorisme », et au final « c’est du foutage de gueule ».

Et pourtant … dans certains cas, comme dans le drame de Sept Sorts le 14 août, le conducteur de la BMW n’était même pas un musulman, mais il avait bien essayé de se suicider quelques jours avant ; dans l’affaire de Levallois-Perret où des militaires avaient été visés, l’affaire a été rapidement classée terroriste ; bref, sans revenir sur chacun des cas, il est faux de dire que l’on cherche systématiquement à masquer la réalité. Par ailleurs, et sans commenter sur le fond les propos du nouveau Ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, disant qu’un pourcentage important de terroristes relevaient de la psychiatrie, il est vrai aussi que la folie furieuse explique en partie la radicalisation et le passage à l’acte, au moins dans certains cas ; et dire – pour prendre une référence historique - que beaucoup de nazis ayant conçu et réalisé la Shoah, étaient des fous, c’est un constat et non une banalisation et une excuse.

J.C