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30 novembre 2017

Encore un article publié sur "Temps et Contretemps" : Ligue Islamique Mondiale, Perestroïka ou continuité ?



Un nouvel article sur le blog israélien francophone de mon ami Jacques Benillouche. Intitulé « Ligue Islamique Mondiale, Perestroïka ou continuité ? » : il s’agit d’un véritable reportage sur un sujet passionnant. 

J’ai eu en effet la chance d’assister à une conférence – donnée devant un auditoire restreint – du nouveau Secrétaire Général de la Ligue Islamique Mondiale, le Docteur Mohammad bin Abdul Karim Al Issa, ancien ministre de la Justice d’Arabie Saoudite. La réunion s’est tenue dans la salle du Conseil d’Administration de l’Institut Français des Relations Internationales (IFRI), à une date plus que symbolique puisque c’était le 13 novembre, anniversaire du massacre terroriste de 2015 commandité par le Daesh.

Quand on sait le lien communément fait entre l’idéologie djihadiste et la doctrine wahhabite du Royaume, quand on a aussi à l’esprit les accusations de financement du terrorisme par des grandes fortunes du Golfe, en Arabie en particulier, on pouvait se demander si le public choisi allait assister à un numéro de « langue de bois », avec la complicité polie du public convié. Soyons clair : il n’en a rien été, l’hôte de l’IFRI ayant volontairement choisi d’axer son exposé sur le terrorisme islamiste – même si le terme reste tabou, dans ses propos comme il le reste d’ailleurs dans l’ensemble du monde arabe. A noter, aussi et surtout, que cette tournée du responsable de la Ligue Islamique Mondiale se déroulait en plein bouleversements en Arabie Saoudite, un pays sur lequel je reviendrai certainement dans les prochains mois.

Bonne lecture, et n'oubliez pas que vous pouvez aussi avoir accès à l'ensemble des archives de mes articles sur "Temps et Contretemps", en cliquant sur l'icône correspondante en haut de la colonne de gauche.

Vous trouverez l'article :

  
J.C 

28 novembre 2017

La République résiste enfin aux "indigestes" !

Houria Bouteldja expose son programme
 
La semaine passée a vu les « Indigènes de la République » sous les feux de la rampe, d’abord sur les réseaux sociaux puis au niveau de la presse – la télévision restant, à ma connaissance, assez discrète sur le sujet.

Pour rappel, je m’étais intéressé depuis longtemps à ce groupuscule haineux contre notre pays, raciste, antisémite, en lui consacrant même un article sur ce blog en 2006. J’y analysais son idéologie, à partir de leur « Appel » servant de plate-forme au mouvement, l’année précédente. Depuis, il s’est même constitué en parti politique, « Le Parti des Indigènes de la République », ou « PIR ». Une abréviation boomerang, comme le patronyme détourné « d’Indigestes » que j’ai repris en titre.

L’encyclopédie en ligne Wikipedia   - voir sur ce lien – permet d’avoir une vue plus exhaustive sur leurs positions et sur les polémiques qu'ils ont suscitées au fil des années. A noter, à nouveau, que ceci était plutôt « passé sous les écrans radar » de l’opinion publique. 
Les « Indigènes » ont bénéficié trop longtemps de la complaisance de certains médias, syndicats ou responsables universitaires. Le combat n'est pas fini, mais beaucoup s'engagent maintenant, dans les associations laïques en particulier, pour combattre les "rouges-verts" : et la résistance marque enfin des points !
Il faut dire aussi que les provocations verbales de leur porte-parole Houria Bouteldja, invitée régulière de l’émission « Ce soir ou jamais » de Frédéric Taddeï sur France 3 , ont fini par attirer l’attention. Mais revenons à la chronologie des dernières semaines. D’abord, les propos maladroits de la députée « France Insoumise » Danièle Obono la qualifiant « de camarade » ont déplacé les projecteurs vers Jean-Luc Mélenchon ; ce dernier écrivant une lettre ouverte au nouveau président de la LICRA pour dire qu’il se démarquait totalement du P.I.R : lire ici .

Le « Canard enchainé » a publié un article rassemblant des citations choisies de la porte-parole des Indigènes de la République, et on pourra le lire dans le texte ci-dessous.


Mais tout cela n’avait pas empêché l’Université de Limoges de l’inviter à un « séminaire d’études décoloniales » … Le gratuit « 20 minutes » s’est fait l’écho des réactions provoquées par cette réunion, en titrant (sans trop se mouiller), que cette invitation faisait polémique . Au final, et vu l’intense campagne menée contre cette étrange conférencière, à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de l’Université, son président Alain Célerier a publié un drôle de communiqué pour l’annuler.
Lire le communiqué ci-dessous.


Je vous laisse apprécier le ton ambiguë de ce teste, où était défendu – en creux – les qualités de l’invitée : en rappelant que le livre que devait présenter Houria Bouteldja avait été publié par le prestigieux MIT américain, il en faisait même un peu la promotion ! A noter aussi que, au nom de la liberté de penser et du débat ouvert à tous, la même Université pourrait inviter la prochaine fois Robert Faurisson à débattre sur l’existence « controversée » des chambres à gaz et de la Shoah.

Autre scandale – mais là, la manifestation n’a pas encore eu lieu – le syndicat Sud Education de Seine-Saint-Denis organise en décembre prochain une journée de formation sur « l’antiracisme » avec le CCIF et les compagnons de route des Indigènes de la République. Au programme « Racisme d’État », et des ateliers « en non-mixité ». On ne rêve pas … des salles de classes séparées par « race », l’idéologie « racisée » des Indigènes faisant ainsi son entrée dans les locaux de l’Éducation Nationale ! La LICRA a vivement réagi. Et son président a cosigné un communiqué de protestation avec le Comité Laïcité République, le Printemps Républicain et le Grand Orient de France. De son côté, le Ministre de l’Éducation Nationale, Jean-Michel Blanquer, a porté plainte en diffamation contre le Syndicat Sud 93, à propos du soi-disant « Racisme d’État ». Et les propos du Ministre ont été vigoureusement applaudis sur les bancs de l’Assemblée Nationale, voir la vidéo sur ce lien .

La République - ou plus précisément ceux qui se reconnaissent dans ses valeurs - semble donc enfin résister au travail de sape idéologique mené depuis une dizaine d’années. Et il est permis de ne pas désespérer.

J.C

26 novembre 2017

Migrants, Islam, la grande peur des Européens : Dominique Reynié sera mon invité le 3 décembre

Un groupe de migrants marche vers l'Autriche, au départ d'un camp basé à Sentilj, en Slovenie. Samedi 24 octobre 2015 (AP Photo/Petr David Josek) 


« Migrants, Islam, la grande peur des Européens », tel est le titre d’un article publié par Judith Weintraub dans le « Figaro Magazine » le 29 septembre. Dans cet article, cette journaliste interviewait Dominique Reynié, que nous aurons le plaisir de recevoir dimanche prochain. Dominique Reynié est professeur à Sciences Po Paris, et directeur général de Fondapol, la Fondation pour l’innovation politique. Fondapol publie régulièrement des analyses très intéressantes, mais une de ses originalités c’est de faire réaliser et de commenter des enquêtes d’opinion parfois à une échelle internationale. C’est le cas d’une étude concernant 26 pays, et intitulée « Où va la démocratie ? » Les résultats détaillés de cette enquête, mais surtout les commentaires, pays par pays, ont été publiés dans un ouvrage de 320 pages édité chez Plon. Dans sa présentation, Dominique Reynié écrit : « Depuis plusieurs années déjà, les signes d’une fragilisation du monde démocratique se multiplient. La hausse de l’abstention, l’installation d’un puissant vote populiste et les fractures territoriales et culturelles en sont les signes les plus remarquables. À des degrés divers, la défiance à l’égard des institutions, des acteurs politiques et du monde médiatique est commune à la plupart des démocraties ». Alors, nous allons nous centrer sur un élément qui est, pour les uns la cause, pour les autres un symptôme de la crise de nos démocraties : la peur de l’Islam, un islam souvent associé aux migrants.

Parmi les questions que je poserai à Dominique Reynié :

-          A la question « L’islam représente une menace pour notre pays », 58% des citoyens de l’Union Européenne ont répondu « oui ». La réponse est majoritaire sauf dans deux Etats. Comment se situe la France pour les réponses ? Et quels sont les pays où cette peur est la plus forte ?
-          Pour vous, cela ne traduit pas un racisme, mais vous utilisez – tout en étant critique de son utilisation politique – le terme « d’islamophobie », « une peur née du constat partagé un peu partout (…) que les problèmes de cohabitation, les contentieux interculturels, mais aussi les violences – sans parler des attentats – sont toujours associés à une certaine interprétation de l’islam ». A-t-on analysé, pays par pays, la cause principale de ce rejet ? En Europe de l’Est où le rejet semble massif, les populations musulmanes sont très peu nombreuses, et il n’y a quasiment jamais eu d’attentats : comment l’expliquer ?
-          En Allemagne, malgré une économie florissante, la victoire mitigée d’Angela Merkel aux dernières élections et le succès du parti anti-islam Afd seraient dus à l’accueil massif d’un million de migrants, en majorité des réfugiés syriens. Vous mentionnez l’impact qu’auraient eu les agressions sexuelles massives la nuit de la Saint-Sylvestre 2016 : est-ce sûr, car on a su ensuite que la grande majorité des personnes inculpés pour ces délits n’étaient pas des migrants ?
-          Au Royaume-Uni, le modèle multiculturel d’une part, la complaisance des Autorités avec les islamistes militants, d’autre part, n’ont pas empêché des attentats meurtriers ces derniers mois. Or d’après votre étude, la peur de l’islam reste relativement modérée. Surtout, le référendum qui a conduit au Brexit semblait plutôt liée à une rancœur contre les travailleurs détachés d’Europe de l’Est.
-          Le rejet de l’Europe et la peur de l’Islam sont-ils systématiquement liés ? Quels sont les motifs invoqués quand les deux sont associés : les accords de Schengen, par rapport à la menace terroriste ? Les avis de la Cour Européenne des Droits de l’Homme qui pourrait imposer la réunification familiale ?
-          Vous dites que « les classes dirigeantes ont échoué partout en Europe à poser les problèmes de l’immigration, de l’islam, de l’islamisme et du conflit des valeurs dans des termes politiquement recevables », et que « cela est particulièrement vrai pour la France ». Est-ce que ce sont des sujets toujours clivants pour la société française, ou y a-t-il des consensus ? Les discours polarisés et simplistes sur ces sujets de chaque extrême – Front National d’un côté, France Insoumise de l’autre – sont-ils porteurs, ou au contraire posent-ils les limites de leur progression ?
-          Les communautés juives à travers l’Europe sont partout sur la défensive, en raison du grand retour de l’antisémitisme, et surtout d’un antisémitisme nouveau alimenté à la fois par la propagande de l’islamisme radical, et par celle de l’extrême gauche antisioniste ; en face, un antisémitisme plus ou moins affiché colle le plus souvent à l’identité de ces partis politiques. Le recul des partis politiques modérés est-il durable, et si oui est-ce une vraie menace pour l’avenir des juifs européens ?

Un entretien passionnant à suivre sur notre antenne, soyez nombreux à l’écoute !

J.C