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01 octobre 2017

Yémen, la guerre oubliée : Fatiha Dazi-Héni sera mon invitée le 8 octobre

Après un bombardement saoudien près de la ville yéménite de Sanaa

Encore un état arabe au menu de ma série, mais cette fois nous allons traiter d’un pays presqu’oublié par les grands médias, et pourtant il est le théâtre de la pire crise humanitaire actuelle. J’ai intitulé ce numéro de « Rencontre », « Yémen, la guerre oubliée », et pour en parler, j’aurai le plaisir de recevoir Madame Fatiha Dazi-Heni. Fatiha Dazi-Héni est chercheur, spécialiste des monarchies du Golfe. Docteur en Sciences Politiques après des études à l’IEP de Paris, elle enseigne à Lille, et son expertise a été en particulier reconnue à l’Institut de Recherche Stratégique de l’Ecole Militaire, où elle est chercheur pour la zone Golfe Moyen-Orient. Elle a publié un grand nombre d’articles, et déjà deux livres, dont le dernier a pour titre « l’Arabie Saoudite en 100 questions », édité chez Tallandier. Je l’ai connue lors d’un colloque sur la guerre du Yémen, organisé par l’Institut Français des Relations internationales le 30 juin dernier ; ce fut extrêmement instructif. Avant de parler de l’histoire proche du Yémen, rappelons quelques éléments du passé qui expliquent, peut-être, les clivages et la décomposition actuelle de la société : avènement d’un Royaume indépendant en 1918, mais occupation du Sud autour de la ville d’Aden par les Anglais jusqu’en 1967, où naitra un deuxième Etat yéménite ; réunification en 1990, mais avec toujours une tendance à la sécession ; et enfin, déjà une guerre civile dans les années 1960, avec interventions d’armées étrangère, l’Egypte d’un côté, l’Arabie de l’autre.

Parmi les questions que je poserai à Fatiha Dazi-Héni :

-          En 2011, une révolution va chasser du pouvoir le président Ali Abdallah Saleh, dont le régime tenait depuis vingt ans. Le Conseil de coopération du Golfe - dominé par l'Arabie Saoudite -  intervient alors directement pour mettre en place un nouvel homme fort, l'ancien vice-président Abed Rabbo Mansour Hadi. Pourquoi la guerre civile a-t-elle débuté en 2014 ? Que s’est-il passé sur le terrain militaire ? Et à partir de quand l’Arabie Saoudite est-elle intervenue avec ses alliés pour tenter de mater les rebelles ?
-          La grille de lecture qui est généralement retenue pour cette guerre, c’est que le Yémen est un des théâtres de l’affrontement entre monde chiite et monde sunnite, les tribus houthies, musulmans zaïdites étant proches des chiites et en sécession contre les sunnites majoritaires. L’Iran les soutient ; et l’Arabie et les monarchies du Golfe craignent, vu la situation stratégique de ce pays, que la République islamique contrôle les détroits face à la Corne de l’Afrique. Les choses sont-elles aussi simples ?
-          Qui s’est engagé aux côtés de l’Arabie Saoudite ? Quelle a été la contribution militaire de chaque pays ? Et, concernant l’Arabie, comment expliquer qu’un pays qui a investi des dizaines de milliards de dollars en armements, n’ait pas été capable au bout de trois ans d’intervention, de mater la rébellion des tribus houthies ?
-          Par où arrivent les armes utilisées par la rébellion ? En effet, le Yémen semble complètement enclavé au Sud de l’Arabie, la coalition arabe impose un blocus maritime et les liaisons aériennes sont quasi inexistantes.
-          On sait que l’AQPA, « Al Qaïda dans la Péninsule arabique » est implanté dans le pays depuis plusieurs années. Contrôlent-ils une large zone de territoire ? Et ne risque-t-on pas, au final, de voir l’Etat Islamique se développer là-bas, après avoir été chassé d’Irak et de Syrie ?
-          Comment la situation humanitaire s’est-elle effondrée en quelques années ? Quel est le bilan des victimes civiles et militaires, dans ce pays de 27 millions d’habitants, notamment en ce qui concerne l’épidémie de choléra ?

Un pays que nous n’avions pas encore abordé dans ma série, mais dont il devait urgent de parler vu la terrible situation vécue par sa population : j’espère que le sujet vous intéressera, et que vous serez nombreux à écouter mon invitée.

J.C