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07 septembre 2016

La Turquie après l'échec du coup d'Etat : Dorothée Schmid sera notre invitée le 11 septembre

Après l'échec du putsch, Istanbul le 16 juillet 2016

J'ai choisi pour cette émission de la rentrée que l'on parle à nouveau de la Turquie, cette grande puissance incontournable du Moyen-Orient qui vit une période bien tourmentée : terrorisme de diverses origines qui a fait plus de 300 tués depuis l'été 2015 ; tentative de coup d'Etat le 15 juillet dernier, qui reste bien mystérieuse et qui a entrainé une répression sans précédent ; zig-zag diplomatiques difficiles à interpréter, vis à vis des Etats-Unis, de la Russie, d'Israël et des autres pays de la région ; intervention militaire directe en territoire syrien ; bref il était temps de faire le point, avec un invité qualifié pour en parler, et nous aurons le plaisir d'entendre à nouveau Dorothée Schmid. Nos auditeurs commencent à bien la connaitre, car j'ai eu le plaisir de la recevoir à plusieurs reprises. Pour rappel, elle est un des meilleurs spécialistes français pour les affaires turques, responsable du programme « Turquie contemporaine » à l’Institut Français des Relations Internationales (IFRI). Et, grâce aux colloques qu'elle a organisés, j'ai eu la chance d'assister à plusieurs débats et conférences sur ce pays, que j'évoquerai dans notre entretien.

Parmi les questions que je poserai à Dorothée Schmid :

-        A propos de ce putsch raté, on a vu circuler tout de suite des théories du complot, disant que c'était un coup monté pour permettre au régime la féroce répression qui a suivi. Il y avait en effet plusieurs éléments troublants : qu'en pensez-vous ?
-        L'origine de cette tentative de coup d'Etat a été presque immédiatement désignée par le régime : ce serait la mouvance islamiste rivale de l'AKP, le mouvement "Hizmet" du prédicateur Fetulah Gülen qui vit en exil aux Etats-Unis. Dans une longue tribune libre publiée par le journal "Le Monde" le 11 août dernier, ce dernier proteste vivement contre ces accusations : que pensez-vous de cette accusation ?
-         Dorothée Schmid, quel est à votre avis l'état actuel de l'opinion turque ? Après le choc du coup d'Etat raté, il y a eu, clairement, une union politique de tous les partis qui refusaient le retour à l'époque ancienne où la démocratie était confisquée périodiquement par les militaires : mais cela va-t-il durer, et est-ce qu'on ne risque pas d'avoir, en boomerang, la révolte des victimes de la répression ?
-        Ce coup d'Etat manqué semble aussi avoir eu des conséquences sur la politique extérieure de la Turquie. D'un côté, alors qu'on avait vécu une crise très grave avec la Russie avec l'affaire de l'avion abattu à la frontière syrienne en novembre 2015, le Président Recep Tayyip Erdogan a rencontré Vladimir Poutine. D'un autre côté, il y a un refroidissement avec les États-Unis avec la demande d'extradition de Fetullah Gülen : à votre avis, cela peut-il aller jusqu'à un renversement d'alliance, la Turquie finissant pas quitter l'OTAN ?
-        Quel sera l'impact de ces évènements sur les relations avec l'Union Européenne ? On a lu un peu n'importe quoi l'année dernière, suite à la crise des réfugiés syriens, par exemple que la chancelière allemande Angela Merkel avait monnayé la coopération turque sur ce dossier contre une entrée dans l'Union : où en est-on un an après ?
-        La Turquie vit, depuis plus de cinq ans, avec la guerre civile syrienne à proximité immédiate. Pendant longtemps, on a accusé le régime turc non seulement de soutenir l'opposition au régime Assad mais d'être quasiment complice du Daech. Les choses semblent avoir évolué, surtout depuis les attentats djihadistes en Turquie même, qui ont fait des centaines de morts. Le Président Erdogan a envoyé son armée en territoire syrien, à la fin du mois d'août : mais qui a-t-il dans le collimateur, est-ce vraiment l’État Islamique, ou plutôt les Kurdes qui occupent le terrain sur sa frontière ?
-        Concernant l'accord de normalisation avec Israël, que vient d'approuver le Parlement d'Ankara : qui, d'après vous, a fait le plus de concessions ? Et, vu de Turquie, quel était l'intérêt à se rapprocher d'un pays, contre lequel l'opinion a quand même été très remontée, surtout dans les médias proches de l'AKP ?

Des sujets vraiment d'actualité, et j'espère que vous serez nombreux à l'écoute !

J.C