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21 octobre 2012

Quand les Sultans ottomans décapitaient les buveurs de café




Si vous aimez boire du café, estimez-vous heureux de ne pas avoir vécu quatre siècles plus tôt dans l’Empire ottoman. Car «sous le règne de Murad IV, la consommation de café était une infraction capitale». Armé d’un énorme glaive, le sultan en personne sillonnait les rues stambouliotes et coupait la tête des infortunés buveurs de café pris sur le fait, raconte le blog The Salt, selon lequel il avait «banni le tabac, l’alcool et le café alors, disent certains, qu’il consommait des trois».

Mais, chut ! Dire qu’un sultan aimait boire constitue un tabou dans la Turquie d’aujourd’hui, rappelait Libération début 2011 après que «Le Siècle magnifique, feuilleton diffusé sur la chaîne populaire Show TV montrant la vie privée du sultan Soliman le Magnifique (1520-1566) a été sanctionné par le Haut Comité de la radio et télévision (RTUK)» pour avoir «osé représenter un des plus grands sultans comme un obsédé sexuel et un ivrogne».

Au fur et à mesure qu’il se popularisait dans l'empire ottoman, le café était perçu comme une menace par le pouvoir. A l’époque de Murad IV, les chefs religieux prétendaient que «le café encourageait un comportement indécent», explique The Salt.
Un jour, «un grand vizir ottoman visite secrètement une des maisons de café d’Istanbul». Et il réalise que «les gens qui boivent de l’alcool devenaient ivres, chantaient et étaient joyeux tandis que les buveurs de café restaient sobres et complotaient contre le gouvernement». Le café irait donc de pair avec la contestation et «pas seulement dans l’empire ottoman mais à travers tout le monde occidental».

Les Turcs  prêtent aussi au café des qualités divinatoires. Aujourd'hui encore, tous «les Turcs, même ceux qui prétendent ne pas y croire, se font lire l’avenir dans le marc de café au moins une fois dans leur vie». Sur Arte, Karambolage a consacré un petit billet à cette tradition,  citant un fameux slogan turc: «Falla inanma ama fallsiz da kalma» («Ne crois pas à ce que dit le marc de café, mais ne t’en prive pas pour autant»).
Et Couleurs d’Istanbul initie à la lecture du marc de café «à la turca»; si au fond de la tasse, celui-ci a la forme d’«un arbre, c’est une vie longue et heureuse»; la forme d’«un cheval: mariage riche pour les célibataires, achat d’une maison pour les couples».

Source : Slate.fr, le 19 janvier 2012